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L'avenue vue vers l'ouest, angle St-André, vers 1902
Archives des Pères |
En 1774, le Plateau Mont-Royal a encore l’allure d’une immense forêt. On y voit pourtant apparaître ses premiers sentiers ainsi quelques clairières pionnières. Au début du XVIIIe siècle, on découvre, à l'extrémité nord du Plateau, de nombreux gisements de calcaire. Plusieurs carrières sont alors aménagées et un chemin reliant Montréal à ces carrières est établi.
Au début du XIXe siècle, l'avenue du Mont-Royal descend depuis la montagne et se termine à la rue Papineau. Le développement du Plateau se poursuit, notamment avec l’installation d’ouvriers de plus en plus nombreux. Au milieu du XIXe siècle, les premières entreprises commerciales s'implantent sur l'avenue du Mont-Royal.
La partie nord était quant à elle constituée du village Saint-Louis.
En 1893, le peuplement du Plateau déborde à l’est de la rue Papineau, entraînant ainsi la création du village De Lorimier.
Au 19 siècle, la seul partie habitée du plateau Mont-Royal était le village Saint-Jean Batiste situé au nord de la rue Sherbrooke et se rendant plus au nord jusqu’à la rue Duluth. Cette partie était occupée par de petites familles Bourgeoises anglaises fuyant l’activité grandissante des quartiers centraux de la ville.
Les premières «industries» du plateau constituées de carrières toutes situées plus au nord donnant naissance au coteau Saint-Louis en 1846, aussi appelé le village des pieds Noirs. Le coteau se scinda en deux en 1875 pour donner le village de Côte Saint louis et Saint Louis du Mile-End.
Puis la ville de Montréal grandie, peut à peut, les villages de banlieue sont engloutis par la ville grandissante. C’est ainsi que le coteau Saint-Louis est annexé en 1893 suivis par le village De Lorimier et Saint Louis du Mile-End en 1909.
C’est à partir de ces années que le plateau Mont-Royal connu une phase d’urbanisation accélérée ainsi qu’une diversification de sa population due à l’arriver de nombreux immigrants en provenance de l’Europe.
L’AVENUE DU MONT-ROYAL
A l'été 1910, l'avenue du Mont-Royal fait peau neuve. Au menu : pavage, aménagement de trottoirs et installation de lampadaires. À la même époque, on inaugure de nouveaux commerces à l'est de la rue Papineau. De la vocation d'artère commerciale de quartier, l'avenue du Mont-Royal développe d'autres marchés, tant et si bien qu'en 1914, elle ne présente aucun terrain vacant entre les rues Saint-Denis et Papineau.
En 1920, les premiers magasins à rayons, tel Woolworth et Métropolitain, s'implantent entre les rues Garnier et Papineau.
Au début des années 1940, l'avenue connaît une période de grande prospérité. On organise alors un grand festival du commerce dont le défilé d'inauguration attire à lui seul une foule de 100 000 personnes. L'avenue du Mont-Royal est alors comparée à la rue Sainte-Catherine.
En 1959, l'avenue subit d'importants travaux de réfection sur son réseau de distribution du gaz naturel. Malheureusement, l'avenue subit les contrecoups de ces rénovations : la clientèle déserte le coin et l'avenue redevient un simple marché de quartier, perdant ainsi son prestige.
Au cours des années 60 et 70, on assiste à une stagnation commerciale. L'avenue décline, les gens déménagent en banlieue et fréquentent les centres commerciaux. Puis, au début des années 80, la population du Plateau se renouvelle, les citoyens sont plus jeunes et plus scolarisés.
En 1992, l'avenue profite du Programme Opération Commerce, un programme de rénovation des bâtiments qui s'inscrit dans le cadre d'un long processus de revitalisation. Plusieurs commerçants profitent donc de l'occasion et du financement pour redorer la façade et l'intérieur de leur établissement. Depuis, l'avenue va en s'améliorant, rayonnant maintenant à l'échelle régionale et provinciale.
LA POPULATION DU PLATEAU MONT-ROYAL
Selon les données socio-démographiques fournies par la Ville de Montréal, le Plateau Mont-Royal est l’arrondissement qui compte la plus importante part de 25-34 ans dans sa population. 47% de sa population a entrepris des études universitaires. On y observe une concentration de diplômés dans les secteurs des lettres et des sciences humaines ainsi que dans les sciences sociales et disciplines connexes.